LES DERNIERES NOUVELLES DE BARBARA
 
N° 13
AOÛT 2005

Une fois de plus, Stéphane travaille au Caire. Pour la première fois, je peux l'accompagner. En principe, nous y resterons tout le mois d'août. Plutôt que d'envoyer des mails en série, je profiterai du site pour donner quelques nouvelles.

Mardi 2 août : Un voyage en avion n’est en principe, et lorsque tout se passe bien, rien d’exceptionnel. Le passage des contrôles et autres barrières de sécurité représente davantage une corvée tranquillisante que le début d’un exotisme que promet la destination finale. Cette fois pourtant, la succession de surprises que nous a réservée Air France, a rendu le vol mémorable.
Au moment d’enregistrer les bagages, l’hôtesse au sol ne parvenant pas à trouver immédiatement nos réservations faites sur internet, nous fait quelques frayeurs. Elle s’en sort finalement, mais nous annonce que nous ne voyagerons pas cote à cote. Nous échangerons la place avec quelqu’un. Mais une fois dans l’avion, nouvelle surprise, j’ai été surclassée et vais voyager en classe affaires. (En réalité ce n’est pas exceptionnel puisque les compagnies vendent souvent plus de places qu’il y a de sièges disponibles. Elles finissent alors par installer les passagers là où elles peuvent). La situation est chouette pour moi, mais Stéphane est en classe économique. Nous racontons au steward que nous partons en lune de miel… Mais l’avion est plein à craquer et malgré sa sympathie et notre numéro de charme, il ne peut rien pour nous. Il sera pourtant adorable tout au long du voyage, apportant le champagne auquel j’ai droit, également à Stéphane, lui permettant de profiter avec moi d’une partie du repas, luxueux en comparaison du plateau de la classe économique. Enfin, à l’atterrissage, il nous offre une bouteille de champagne !
L’aéroport du Caire semble moins chaotique qu’attendu. Le visa s’achète sur place et il faut ensuite passer la douane. Un panneau souhaite la bienvenue en plusieurs langues et avertit les étrangers de la législation en matière de stupéfiants : toute personne interpellée en possession de drogue sera immédiatement emprisonnée et devra payer une amende collossale. Ca ne rigole pas ! Les bagages arrivent rapidement et à la sortie de l’aéroport, des dizaines de personnes attendent agglutinées contre une barrière sous une chaleur encore impressionnante à 19h.

Mercredi 3 août : Nous passons la journée à l’hôtel Sheraton où CGG nous offre deux nuits comme cadeau de mariage. Nouvelle surprise : le chef de Stéphane l’a appelé ce matin pour lui dire qu’il devait profiter du cadeau et n’aller travailler que le lendemain. Au cours du dîner, une charmante jeune femme donne un spectacle de danse du ventre sur fond de musique locale. Il s’agit certes d’une animation pour touristes, mais c’est plutôt beau à voir. Nous choisissons plusieurs entrées (mezzah) en guise de repas : hommos, taboulé à la manière libanaise, crème de feta aux épices, petits beignets à la viande. Le tout se mange avec un pain sans levain qui ressemble à une crêpe. Au petit déjeuner nous avions déjà découvert une variété de pain, le feeter, sorte de pâte feuilletée frite.

Jeudi 4 août : Pendant que Stéphane travaille, je range nos affaires dans l’appartement que nous partagerons durant ce mois avec deux autres personnes, un pakistanais et un équatorien. Pour l’instant je me retrouve avec une femme de ménage qui m’explique mille choses en arabe et à laquelle je réponds en français. Je suppose que nous nous comprenons.
Stéphane rentre avec un plateau de pâtisseries locales (miel et amandes essentiellement) offert par un de ses collègues pour notre mariage. C’est vraiment sympa.
Pour le dîner, nous sommes invités, avec d’autres français, chez un autre collègue, Magdi dont l’épouse Heidy, se fait un plaisir de nous faire goûter une quantité impressionnante de spécialités locales délicieuses. Nous apprécions la salata zabadi, un mélange de yaourt, concombre et menthe que nous mangeons avec les feuilles de vigne farcies (wara'einab) beaucoup plus minces que celles que l’on trouve en France. Très bonnes également de petites saucisses de viande hachée (kofta). En dessert, nous goûtons à de petites mangues particulièrement parfumées, à un melon vert très juteux et sucré et Heidy qui travaille chez Nestlé, nous fait découvrir la nouveauté glacée de la marque (une tranche de glace à la vanille entre deux tranches de cake).
L’ambiance est très agréable. Heidy et Magdi parlent français et l’apprennent à leurs deux petits enfants qui savent déjà compter et nous en font la démonstration.
L’appartement au neuvième étage d’un immeuble du centre d’Héliopolis donne sur une de ces rues gigantesques qu’il est très difficile de traverser et qui semblent particulièrement nombreuses au Caire. Depuis la terrasse, nous observons, vers minuit encore, une circulation intense que l’on soupçonne, à juste titre, ininterrompue. Il fait nuit vers 20h, mais les Égyptiens roulent majoritairement sans phares (ils les allument occasionnellement pour signaler leur présence) et utilisent continuellement le klaxon. Animation assurée, surtout un jeudi soir, veille du week-end ici.

Vendredi 5 août : Le Musée égyptien est ce que le Louvre est à Paris ; donc incontournable. Trois heures de déambulations devant des statues de pharaons, de leurs épouses, de dieux et déesses, de sarcophages s’emboîtant les uns dans les autres, de stèles, de papyrus et pierres gravées, de trônes et autres trésors retrouvés dans les tombes. On (je ?) retiendra en particulier les magnifiques bijoux en or décorés de pierres parfois précieuses et les statues en albâtre. La pièce maîtresse du musée reste le masque funéraire de Toutankhamon (11 kg d’or !) qui recouvrait la tête de la momie du pharaon. Le masque reproduit exactement les traits du visage du roi, afin que son esprit le reconnaisse dans l’autre monde et l’aide à ressusciter.
Les photos montrant les différentes étapes des restaurations des statues sont particulièrement instructives.
Éreintés et assoiffés, nous faisons une pause qui coïncide avec l’un des cinq appels à la prière quotidiens. Au loin, nous enttendons les chants apaisants des hommes, diffusés par les haut-parleurs des mosquées ; ils durent plus longtemps le vendredi que les autres jours.

Mardi 9 août : Pas grand chose de neuf ces derniers jours. Stéphane travaille et j’en profite pour en faire autant, pour lire et me reposer : la chaleur est assommante et le changement de régime alimentaire provoque, malgré les précautions prises, quelques dérangements gastriques. En soirée nous découvrons les alentours. En dehors de la circulation automobile frénétique, l’ambiance générale est plutôt calme. Les gens font leurs courses dans des magasins qui semblent ouverts jusqu’à point d’heure, se rencontrent au restaurant (toutes les chaînes internationales de restauration rapide ont pignon sur rue !) et les jeunes exhibent leurs téléphones portables qui leurs servent également à se photographier. Tout cela ressemble énormément à la vie d’une ville européenne, sur fond de bâtiments vieillissant mal, du moins vus de l’extérieur, et généralement couleur de poussière. Les tenues vestimentaires, surtout celles des femmes, reflètent à la fois l’attachement à la religion musulmane et l’élan vers une mode internationale qu’exhibent les vitrines des magasins des marques mondialement célèbres : de la femme complètement vêtue de noir et laissant à peine paraître ses yeux, à la jeune fille en jean cachant tout juste ses cheveux sous un foulard coloré, toutes les variations sont présentes et donnent l’image d’une certaine liberté. Quant aux 17% de coptes (chrétiens d’Egypte), ils sont habillés à l’européenne et les jeunes filles portent souvent autour du cou la croix copte (quatre branches identiques).

Jeudi 11 août : Son et lumière sur les pyramides ?
Hier nous sommes sortis vers 20h pour prendre un taxi qui nous conduirait jusqu’au site des pyramides (Guizèh) où se donne chaque soir un spectacle de son et lumière. Après plusieurs tentatives, nous trouvons un chauffeur de taxi qui parle un peu anglais et qui a l’air d’avoir compris où nous voulons aller. C’est probablement la mauvaise heure pour se déplacer au Caire : nous tombons dans des embouteillages que ni les klaxons, ni les petits accrochages entre véhicules, ni les bus qui s’arrêtent pour déposer leurs passagers, n’améliorent. C’est pour nous une manière de découvrir la ville dont les grandes avenues sont bordées de magasins (vêtements, chaussures, électroménagers essentiellement) aux vitrines illuminées, brillantes et scintillantes et qui attirent la foule en ce début de soirée qu’un léger vent rend agréable. Il fait pourtant encore 33° et on se demande comment les nombreux fleuristes peuvent exposer, jusque sur le trottoir, d’aussi belles compositions de fleurs fraîches.
Nous nous mettons à collectionner les petites cartes publicitaires que des jeunes jettent dans les voitures par les fenêtres ouvertes, mais elles ne sont écrites qu’en arabe.
Vers 21h, nous commençons à nous demander si nous allons y parvenir avant le début du spectacle fixé à 21h30. Il nous fallait, en théorie, une bonne demi-heure de route depuis chez nous. Au moment où le chauffeur nous redemande notre destination, nous réalisons que lui non plus ne parle pas anglais et que visiblement il nous a conduit ailleurs. Enervé, il fait demi-tour et nous signale que le tarif convenu au départ augmentait de 10 LE (1 livre égyptienne vaut à peu près 1 franc. C’est étrange de repenser en francs). Ok. Au bout d’un certain temps, ne voyant toujours pas de pyramides à l’horizon, ni même une lueur du spectacle qui a déjà commencé, nous décidons de descendre du taxi. Le prix augmente encore, mais c’est toujours ainsi et ça donne la désagréable impression qu’on ne peut pas faire confiance à ces chauffeurs qui fixent un tarif au départ pour récupérer le client et annoncent autre chose à l’arrivée. Nous avons appris que le procédé était le même avec les Egyptiens et qu’il ne s’agissait pas d’une faveur réservée aux touristes. Il faut sans cesse discuter, négocier. C’est culturel, mais fatigant !
Après une balade, nous reprenons un autre taxi pour rentrer. La circulation est devenue un peu plus fluide et celui-ci roule très vite, doublant tantôt par la droite, tantôt par la gauche, insultant copieusement un autre automobiliste et subissant lui-même les queues de poisson des livreurs de pizza en scooter et les faces à faces avec les piétons qui tentent brusquement de traverser. Plongés dans l’ambiance par la musique de la radio locale dont le volume est au maximum, nous trouvons du charme à la traversée du Nil sur un pont très animé par les pêcheurs, les vendeurs ambulants et autres promeneurs. Plus loin, nous longeons les remparts de la citadelle qui semble encore veiller sur une ville illuminée en contre-bas. Ce spectacle n’est pas si mal. Les pyramides, ce sera pour un autre soir. Il est plus de 23h lorsque nous arrivons chez nous.
Vendredi 12 août :



Visite des pyramides
de Guizèh (Giza),
une des merveilles du monde, considérée comme la première
des grandes constructions
de l'homme.

Derrière le Sphinx, Khéops.
Datant de 2500 av. J.C.,
elles sont protégées
par le Sphinx, buste de
Khéphren sur corps de lion.
Des trois pyramides présentes sur ce site, celle du pharaon Khéops
est la plus imposante
(146 m de hauteur et 230 m de côté),
même si à première vue, celle de son fils Khéphren (143 et 210 m),
posée sur un socle et entourée
des deux autres, semble plus haute.
La plus petite, celle de Mykérinos
(66 et 108 m), petit-fils de Khéops,
est bordée de trois petites pyramides
réservées aux épouses des pharaons.

Khéphren reconnaissable à sa pointe de calcaire blanc.
En soirée, promenade dans les ruelles du souk el-Khalili. Ambiance sympathique dans ce dédale de ruelles, royaume du marchandage, où l’on trouve de tout. En s’égarant un peu, on découvre des échoppes moins clinquantes que celles qui attendent les touristes, on aperçoit un vieillard en train de préparer sa chicha (narghilés) au fond d’une cours.
Au Naguib Mahfouz Café (du nom du prix Nobel de littérature de 1988, auteur de plus de trente romans dont la majorité est traduite en Français), nous dînons de spécialités orientales ; le taboulé et les falafals, croquettes à base de pois et enrobées de sésame, sont exquis ; le karkadé, tisane de fleurs d’hibiscus, un peu sucré à mon goût. Mais, nous quittons cet endroit issu des Milles et une nuits, parfumé par les tabacs aux mille senteurs des fumeurs de chicha, pour déambuler encore dans le souk avant qu’il ne ferme.

Samedi 13 août : Nous partons vers 8h (c’est tôt, mais il fait encore relativement frais), pour l’exploration du vieux Caire, principalquartier copte de la ville. Copte, signifiant égyptien en langue copte qui est un des stades avancés de l’évolution du grec ancien. Les coptes sont les premiers égyptiens chrétiens convertis par l’apôtre Marc (à partir de 40 ap. J. C.) et célèbrent aujourd’hui encore la messe en langue copte en respectant une liturgie traditionnelle. Ils reconnaissent à la tête de leur église, depuis 451 ap. J.C., date de la rupture avec Constantinople, alors capitale des chrétiens d’Orient, le pape d’Alexandrie Chenouda III (depuis 1962). Longtemps persécutée, cette minorité est tolérée depuis le règne de Mohammed-Ali (XIXe siècle), mais subit toujours des discriminations et de doit se plier à certains impératifs de la religion musulmane (ne peuvent pas acheter ou consommer de l’alcool pendant le ramadan).
Plusieurs églises orthodoxes ont été érigées dans ce quartier, dont certaines sur les lieux où Jésus est passé et s’est réfugié lors de la fuite en Egypte (Saint-Serge, Sainte-Barbara). La plus belle est El-Moallaqah, l’église suspendue dans laquelle flotte des vapeurs d'encens et de miel (le bois a absorbé l'odeur des bougies en cire d'abeilles) : plafond en bois en forme de bateau en mémoire de l’arche de Noé, belle collection d’icônes dont la Joconde copte (portrait de la Vierge dont le regard suit le spectateur comme celui de la Joconde), chaire en marbre blanc avec quinze piliers représentant Jésus, les apôtres et les deux évangélistes Marc et Luc. Une jeune bénévole de l’église nous fait une visite guidée et nous dévoile les trappes cachées sous les tapis. Elles avaient pour mission de permettre aux fidèles de s’échapper en cas d’attaque par les Romains. Le quartier semble criblé de sous-terrains et de cryptes.
A Sainte-Barbara, nous assistons à une messe dans une chapelle adjacente au bâtiment principal, alors que de petits groupes de fidèles discutent dans la nef. Par le rideau ouvert de l’iconostase, nous apercevons le prêtre qui tourne le dos à l’assemblée et alterne paroles et chants pendant que d’autres personnes s’occupent des cierges et de l’encens.
Le soir, nous assistons à un spectacle de derviches tourneurs à la Citadelle.

Le danseur principal, placé au centre d’un cercle formé par d’autres hommes, tourne sur lui-même en faisant virevolter ses jupes multicolores, au son d’une dizaine d’instruments traditionnels. Si à l’origine cette danse avait une signification spirituelle, elle est actuellement davantage une démonstration des techniques d’un art très exigent appartenant au folklore local. Plus que tout, la danse impressionne par sa durée, pas moins de 40 minutes, qui finit par donner le tournis… au spectateur !
Pour terminer, un autre groupe de trois danseurs
exécute différentes figures mettant en valeur les
jupes colorées sous toutes les coutures

Lundi 15 août : Un collègue de Stéphane, rentré en France pour les vacances, nous a laissé sa voiture. Nous voilà partis sur les routes du Caire, toujours à la recherche du son et lumière sur les pyramides! Tout va bien jusqu’au moment où nous arrivons dans un quartier populaire, visiblement celui où se concentrent les garagistes et autres réparateurs ou vendeurs de voitures, où les indications sur les panneaux ne sont plus qu’en langue arabe. Ce n’est jamais bon signe et, avant tout, peu pratique pour nous. Demandant notre route à des gens qui ne parlent pas anglais, nous passons par des endroits incroyables : en quittant l’axe principal pour prendre la première à droite, nous arrivons sur une petite route qui en 30 m se transforme en chemin de terre pour nous emmener dans un monde insoupçonnable où se côtoient enfants aux pieds nus, vieillards buvant du thé, équipages d’ânes… donnant à ces ruelles des allures de village d’un autre temps. Nous avons l’impression de nous retrouver en Inde. Nous imaginons sans peine que les habitants, à moins de deux minutes des avenues commerçantes à la circulation folle, ne quittent jamais leur quartier. A force de détours, nous parvenons tout de même à atteindre notre but avec seulement 5 minutes de retard. Le spectacle qui retrace l’histoire des pharaons, exhibe les prouesses techniques les plus modernes et fait revivre les vieilles pierres de manière magnifique. Des voix récitant des textes et poèmes anciens s’essoufflent dans un hommage rendu au Nil, garant éternel de la vie égyptienne.
Dimanche 21 août : Nous venons de passer deux jours à la Mer Rouge. Baignade dans une eau vert émeraude délicieusement chaude.


Les palmiers ornés de dates qui seront vraiment mures en septembre.

Au loin, les bateaux attendant leur tour pour passer les écluses du canal de Suez. Si le désert qui conduit à la mer ressemble davantage à un chantier criblé de fils électriques et abandonné qu’à un paysage de rêve, les immenses immeubles, tous identiques, aux alentours de Suez, disent l’ampleur de la réalisation qu’est le canal de Suez. Un exploit aussi impressionnant que les pyramides.
Mercredi 24 août:

Pour notre premier mois de mariage,
Stéphane m'a offert un collier de fleurs (fol) (jasmin, je crois)
que vendent les marchands ambulants dans les rues et sur les terrasses le soir.
Ils servent surtout à parfumer les voitures et je crois que seule l'imagination romantique des étrangères en fait des colliers ou des bracelets.
Quelques mezzah d'origine libanaise, souvent consommés au Caire et absolument délicieux:

Dans le sens des aiguilles d'une montre, en commençant par le plus rouge:
mohammara (tomates et noix), hommos, labnah (yaourt et huile), tehina (fromage frais et épices).
Vendredi 26 août : Visite de Zamalek sur l’île de Gezira qui se veut le quartier huppé de la ville. Si quelques magasins luxueux dont un Fauchon, donnent le change, peu d’anciennement belles villas ont été rénovées pour servir d’ambassade ou de banque. Nous entrons dans le mythique Palais Marriott construit en 1869 par le khédive Ismaïl à la taille de son amour secret (d’un seul coup très visible !) pour l’impératrice Eugénie venue en Égypte au moment de l’inauguration du canal de Suez. Nous sommes un peu désabusés face aux fausses boiseries très kitsch et seul un somptueux escalier attire notre attention dans cet édifice devenu un très luxueux hôtel.
Nous nous rendons ensuite à la Citadelle datant de 1176. Longtemps caserne militaire et prison, elle est aujourd’hui ouverte aux touristes qui y visitent les trois mosquées et en particulier celle de Mohammed Ali (première moitié du XIXe siècle), devenue le symbole du Caire. Elle est reconnaissable à ses minarets très fins inspirés de la tradition turque. A l’intérieur, on remarque les très belles lampes sous forme de globe et un immense lustre offrant une ambiance particulière aux petits groupes de touristes qui, assis en tailleur, écoutent les guides.
En début de soirée, nous traversons la ville pour nous rendre à Maadi, quartier résidentiel des étrangers où nous prenons une felouque pour une heure de rêverie sur le Nil sublimé par le soleil couchant. Depuis les terrasses sur les toits du Vieux Caire, les enfants laissent s’envoler, comme une provocation à la grisaille du ciel pollué, des cerfs-volants de couleur.
Samedi 27 août : Des Pyramides, encore et toujours...
Dans la campagne en direction de Saqqarah, nous traversons de petits villages aux maisons joliment décorées où les habitants semblent mener une vie paisible un peu à l’ancienne
A coté des écoles de fabrications de tapis, qui semble-il font travailler les enfants à bas prix, on aperçoit ça et là des hommes tressant des nattes en branches de palmiers qu’ils font sécher après les avoir coupées juste au-dessus de leur tête. D’autres vendent les dattes au bord de la route.

La nécropole de Saqqarah s’étend sur plus de 8 km de désert (l'occasion pour Stéphane de s'amuser en 4x4!) sur lesquels sont dispersées les plus anciennes pyramides dont celle à degrés de Djéser (2700 av. J.C.), la première construite par l’architecte Imhotep. Ce dernier avait supposé que la forme pyramidale et les 60 m de hauteur de l’édifice permettraient à l’âme du pharaon de rejoindre plus aisément Rê, le dieu Soleil. Et pour voir une statue du pharaon Djéser (du moins une copie, l’original étant au Musée égyptien du Caire), il suffit de jeter un œil par l’un des deux trous creusés sur la façade à cet effet. On découvre sur le site de nombreuses petites pyramides, des chambres funéraires ornées de hiéroglyphes et de dessins dont les couleurs ont occasionnellement résisté au temps, des colonnes et autres portes étroites parfois closes sur des mystères qui font fantasmer les archéologues du monde entier.

Pyramide à degrés de Djéser.
Et puis, il fallait bien ça pour vous prouver
que nous y étions vraiment!
Avant d’aboutir à la perfection architecturale et esthétique (selon les critères de l’Egypte pharaonique) des pyramides de Guizèh, il a fallu ériger celles de Dahchour dont les deux plus remarquables (sur cinq) sont la pyramide rhomboïdale (je mettrai une photo un de ces jours) et la pyramide rouge. La première considérée comme imparfaite en raison de sa forme (alors que précisément pour celle-ci, nous lui avons trouvé beaucoup de charme!) ne satisfait pas Snéfrou (père de Khéops) qui en fit alors construire une en calcaire rouge (franchement il faut beaucoup d’imagination pour la voir rouge ; peut-être avec les lunettes de soleil…).
Mardi 30 août : Nous sommes rentrés hier à Paris avec dans nos bagages quelques petits citrons verts et beaucoup de photos que vous pouvez voir sur le site de Stéphane.

Des sites à visister
Tout sur Agrippa d'Aubigné
L'Europe des lettres
Les photos de Stéphane
La Perle des Vosges

La Villa du Sendenbach



JUILLET
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Dernière mise à jour 16.07.2006